Chaque pays ou province, si l’on parle à l’échelle du Canada, a ses spécificités professionnelles. Le domaine du génie fait partie de ces secteurs qui, au-delà de la réglementation, fonctionnent selon des codes précis. Ainsi pour exercer dans la province, il y a bien sûr la procédure d’obtention du permis auprès de l’Ordre des ingénieurs du Québec, mais pas seulement ! Une fois le permis d’ingénieur en poche et un emploi trouvés, la question de l’intégration en milieu professionnel risque bien d’être un nouveau défi à relever pour celles et ceux qui n’y sont pas correctement préparés. Voici donc 4 aspects majeurs à prendre en compte…

Le génie une profession très compartimentée au Québec

Les premières distinctions s’opèrent dès la formation d’ingénieur. Au Québec, les étudiants se spécialisent très tôt dans une branche du génie à l’inverse de nombreux pays qui offrent des enseignements généralistes ou moins sectorisés. Fabien Cornu, coordonnateur accueil à la CITIM fait la distinction entre « les ingénieurs québécois qui sont des spécialistes dans un domaine précis et nombre d’ingénieurs formés à l’étranger qui sont initialement des généralistes. Les employeurs qui ne sont pas préparés à cette différence peuvent avoir l’impression (parfois) que les candidats étrangers savent faire un peu de tout, mais rien en profondeur. »

Pour se démarquer, les professionnels formés à l’étranger dans le domaine du génie doivent donc avoir conscience de leurs compétences pour pouvoir les faire correspondre à une expérience significative sur leur CV, en lien avec l’emploi convoité. Il est important de pouvoir rassurer les employeurs qui sont habitués à rencontrer des candidats dont l’expérience et les compétences correspondent à un domaine précis.

Le génie, une profession technique et réglementée

Appartenir à une profession réglementée, c’est avant tout exercer son activité selon un code de déontologie et donc engager sa responsabilité. Au Québec, la protection et l’intérêt du public sont au cœur de l’activité des ingénieurs, quel que soit leur domaine d’exercice. Ainsi comme nous le rappelle Enrico Cinelli, ingénieur et conseiller aux permis à l’OIQ « quatre valeurs fondamentales régissent la profession : la compétence, le sens du l’éthique, la responsabilité et l’engagement social. »

Pour bien comprendre les mécanismes qui s’opèrent au quotidien, il est donc primordial de maîtriser chacune de ces valeurs et ce qui se cache derrière. Pour cela, l’OIQ propose un guide de pratique professionnelle qui permet à chaque ingénieur en devenir ou en exercice de s’approprier ces valeurs communes à l’ensemble de la profession.

Même métier, mais cultures professionnelles différentes

Souad Benali, Algérienne d’origine est arrivée à Montréal il y a 10 ans. Si son parcours jusqu’à l’obtention du permis d’exercice de l’OIQ n’a pas été simple, elle a fait le choix de mettre ce temps de préparation à profit pour mieux se familiariser avec son nouvel environnement : étude, bénévolat ou encore implication auprès des jeunes générations pour promouvoir la profession. Pour elle, « le Québec est une province d’opportunités, mais qui demande de la persévérance et de la patience. »
L’enjeu pour les nouveaux arrivants est d’avoir une réelle stratégie de recherche, un plan d’action pour se rapprocher de l’emploi recherché sans gaspiller son énergie.

Faire reconnaître son expérience

Quels que soient le nombre d’années et le type de projets menés hors du Québec, les ingénieurs diplômés de l’étranger débutent comme ingénieurs juniors. À ce titre, ils occupent des emplois selon leur niveau de compétences, mais sans pouvoir par exemple signer et sceller des plans ou rapports techniques. Aussi déstabilisant que cela puisse paraître, il est important de savoir tirer profit de chaque étape ! « Le juniorat sert ainsi de période d’apprentissage pour atteindre les compétences communes aux ingénieurs, pour comprendre l’éthique et le professionnalisme liés à la profession », comme le précise Enrico Cinelli. D’un point de vue culturel, il faut avoir en tête qu’ici, l’ingénieur est membre d’une équipe où chacun est traité avec égalité. Il n’y a donc pas de privilèges ou de tâches trop basses pour être réalisées par un ingénieur. Ainsi quel que soit le prestige du titre d’ingénieur dans le pays d’origine ou la renommée de l’école, cela ne fait pas de l’ingénieur diplômé hors Québec, un meilleur professionnel que son voisin. Il ne faut pas pour autant se sentir dévaloriser ou déposséder du statut l’ingénieur, bien au contraire, il faut simplement l’appréhender autrement.

Quelques conseils avisés pour faciliter votre intégration professionnelle

  1. Bien comprendre le système et les lois du Québec
  2. Prendre le temps de s’informer et ne pas se lancer tête baissée
  3. Rester actif et avoir un plan d’action à long terme : les petits boulots, oui, mais il faut aussi entamer les démarches pour exercer en tant qu’ingénieur
  4. Rester positifs, quelles que soient les embûches, car souvent même les ingénieurs formés au Québec vivent des situations difficiles dans leur recherche d’emploi.
  5. Commencer à construire votre réseau notamment grâce au bénévolat et en allant à la rencontre de communautés différentes de la vôtre.
  6. Ne pas essayer d’imposer votre mode de fonctionnement ou votre culture. Il faut savoir accepter les différences tout en restant vous-même et en conservant votre esprit d’initiative.
  7. Mettre en valeur ses connaissances, compétences et son savoir-être.
  8. Faire le premier pas! Il faut vous faire connaître et ne pas attendre que l’on vienne vous chercher.

La morale de ce post ?

Les ingénieurs diplômés de l’étranger ne cessent pas d’être ingénieurs en prenant l’avion et ont la possibilité, à terme, d’exercer leur métier dans un environnement riche et diversifié. En attendant, il ne faut négliger aucune et comme le dit le proverbe, rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Références :

 

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