Être ingénieur au Québec… Un processus, une préparation en 3 grandes étapes

Une grande préoccupation des nouveaux arrivants est de pouvoir intégrer un emploi à la hauteur de leurs compétences. L’ingénierie n’y échappe pas et présente certains défis dont l’adhésion à l’Ordre des ingénieurs du Québec. Vous vous demandez surement comment réussir votre intégration professionnelle au Québec ? La réponse est simple : bâtir un plan d’action qui vous permet de structurer un processus en 3 étapes.

1- Apprendre à se connaÎtre

L’ingénierie est un domaine professionnel varié qui permet à tous de pratiquer dans ce secteur tout en tenant compte de ses compétences et ses valeurs. Afin de trouver l’emploi qui correspond le mieux à votre profil, encore faut-il vous connaitre pour pouvoir mieux exposer vos forces et susciter l’intérêt de l’employeur pour obtenir un poste qui vous convient. Je vous propose deux pistes de réflexion pour cette section : cibler vos compétences et par la suite définir vos passions et vos valeurs.

Cibler vos compétences

Quelles sont mes compétences et comment les comparer aux exigences du marché du travail?

Voilà une grande question qui mérite beaucoup d’attention afin de faire une analyse de votre profil et mieux définir les points forts et les points à améliorer en lien avec votre parcours de vie professionnel. La CITIM a développé un outil concret et pratique pour vous aider dans cet exercice. Inspiré des compétences d’Ingénieurs Canada et de L’Ordre des ingénieurs du Québec, cet outil vous aidera à dresser ce bilan.

Définir votre passion et vos valeurs

Les employeurs au Québec cherchent des employés compétents qui sauront exécuter le travail, mais SURTOUT, ils cherchent des gens passionnés qui démontrent un grand intérêt envers leur profession et désirent se dépasser. L’employeur cherche à voir des étoiles dans vos yeux !

Pour se faire, il est important d’identifier les tâches qui vous motivent, vos traits de personnalité, votre talent naturel… Ce processus sera guidé par des questions ciblées auxquelles vous pouvez répondre durant votre parcours à la CITIM.

2- Découvrir le marché du travail

Suite à l’étape 1, il est maintenant temps de vous concentrer sur ce qui se passe sur le terrain et de vous évaluer en fonction de la réalité ! Afin de voir si vous êtes prêts pour intégrer le marché du travail, nous vous proposons 4 étapes.

  • Chercher des emplois à l’aide des moteurs de recherche les plus populaires et du code CNP. Cet exercice peut se répéter pour un poste d’entrée à la profession d’ingénieur (technicien, spécialiste, estimateur, etc). Vous ne cherchez pas un emploi, vous évaluer un type d’emploi.
  • Identifier 3 à 5 postes à partir de vos intérêts, compétences et valeurs. Ne vous limitez pas uniquement à une région géographique, le but étant de comprendre le marché globalement.
  • Bâtir une base de données en identifiant les tâches, compétences, exigences. La CITIM vous fournira l’outil pour vous guider.
  • Évaluer les résultats afin de mieux comprendre ce qui définit votre secteur d’activité. Notez les années d’expériences demandées, la différence entre les niveaux de formation exigés. N’hésitez pas à compléter cette évaluation en parcourant le profil LinkedIn de personnes occupant le même rôle.

Au terme de cette analyse, vous pourrez identifier les avantages et les obstacles en lien avec les postes convoités.

3- Maîtrise des outils/techniques pour décrocher un emploi

Vous êtes maintenant rendu à l’étape de postuler sur des postes qui sont en accord avec votre profil. Pour augmenter vos chances d’être appelé et de décrocher une entrevue et bien sûr d’obtenir l’emploi, il est primordial de maîtriser les outils utilisés au Québec.

  • Comment accrocher l’œil du recruteur avec un cv bien construit ?
  • Comment démontrer ses compétences et faire passer le message en entrevue ?
  • Comment conquérir «le marché caché» de l’emploi qui compose plus de 70% des postes pour certains secteurs d’activités ?
  • Comment optimiser son réseau de contacts dans le domaine du Génie ?

Autant de questions à répondre ! Le meilleur moyen est d’être accompagné par un conseiller en emploi !

Afin de débuter votre parcours chez nous, on vous invite à vous participer à notre séance d’information pour les ingénieurs diplômés à l’étranger.

CITIM

La CITIM est un organisme communautaire sans but lucratif qui a pour mission de contribuer à l’intégration socioprofessionnelle au Québec des nouveaux arrivants français et francophones.

Le génie au Québec : des spécificités, une culture et un marché du travail à comprendre

Chaque pays ou province, si l’on parle à l’échelle du Canada, a ses spécificités professionnelles. Le domaine du génie fait partie de ces secteurs qui, au-delà de la réglementation, fonctionnent selon des codes précis. Ainsi pour exercer dans la province, il y a bien sûr la procédure d’obtention du permis auprès de l’Ordre des ingénieurs du Québec, mais pas seulement ! Une fois le permis d’ingénieur en poche et un emploi trouvés, la question de l’intégration en milieu professionnel risque bien d’être un nouveau défi à relever pour celles et ceux qui n’y sont pas correctement préparés. Voici donc 4 aspects majeurs à prendre en compte…

Le génie une profession très compartimentée au Québec

Les premières distinctions s’opèrent dès la formation d’ingénieur. Au Québec, les étudiants se spécialisent très tôt dans une branche du génie à l’inverse de nombreux pays qui offrent des enseignements généralistes ou moins sectorisés. Fabien Cornu, coordonnateur accueil à la CITIM fait la distinction entre « les ingénieurs québécois qui sont des spécialistes dans un domaine précis et nombre d’ingénieurs formés à l’étranger qui sont initialement des généralistes. Les employeurs qui ne sont pas préparés à cette différence peuvent avoir l’impression (parfois) que les candidats étrangers savent faire un peu de tout, mais rien en profondeur. »

Pour se démarquer, les professionnels formés à l’étranger dans le domaine du génie doivent donc avoir conscience de leurs compétences pour pouvoir les faire correspondre à une expérience significative sur leur CV, en lien avec l’emploi convoité. Il est important de pouvoir rassurer les employeurs qui sont habitués à rencontrer des candidats dont l’expérience et les compétences correspondent à un domaine précis.

Le génie, une profession technique et réglementée

Appartenir à une profession réglementée, c’est avant tout exercer son activité selon un code de déontologie et donc engager sa responsabilité. Au Québec, la protection et l’intérêt du public sont au cœur de l’activité des ingénieurs, quel que soit leur domaine d’exercice. Ainsi comme nous le rappelle Enrico Cinelli, ingénieur et conseiller aux permis à l’OIQ « quatre valeurs fondamentales régissent la profession : la compétence, le sens du l’éthique, la responsabilité et l’engagement social. »

Pour bien comprendre les mécanismes qui s’opèrent au quotidien, il est donc primordial de maîtriser chacune de ces valeurs et ce qui se cache derrière. Pour cela, l’OIQ propose un guide de pratique professionnelle qui permet à chaque ingénieur en devenir ou en exercice de s’approprier ces valeurs communes à l’ensemble de la profession.

Même métier, mais cultures professionnelles différentes

Souad Benali, Algérienne d’origine est arrivée à Montréal il y a 10 ans. Si son parcours jusqu’à l’obtention du permis d’exercice de l’OIQ n’a pas été simple, elle a fait le choix de mettre ce temps de préparation à profit pour mieux se familiariser avec son nouvel environnement : étude, bénévolat ou encore implication auprès des jeunes générations pour promouvoir la profession. Pour elle, « le Québec est une province d’opportunités, mais qui demande de la persévérance et de la patience. »
L’enjeu pour les nouveaux arrivants est d’avoir une réelle stratégie de recherche, un plan d’action pour se rapprocher de l’emploi recherché sans gaspiller son énergie.

Quelques conseils avisés pour faciliter votre intégration professionnelle

  1. Bien comprendre le système et les lois du Québec
  2. Prendre le temps de s’informer et ne pas se lancer tête baissée
  3. Rester actif et avoir un plan d’action à long terme : les petits boulots, oui, mais il faut aussi entamer les démarches pour exercer en tant qu’ingénieur
  4. Rester positifs, quelles que soient les embûches, car souvent même les ingénieurs formés au Québec vivent des situations difficiles dans leur recherche d’emploi.
  5. Commencer à construire votre réseau notamment grâce au bénévolat et en allant à la rencontre de communautés différentes de la vôtre.
  6. Ne pas essayer d’imposer votre mode de fonctionnement ou votre culture. Il faut savoir accepter les différences tout en restant vous-même et en conservant votre esprit d’initiative.
  7. Mettre en valeur ses connaissances, compétences et son savoir-être.
  8. Faire le premier pas! Il faut vous faire connaître et ne pas attendre que l’on vienne vous chercher.

La morale de ce post ?
Les ingénieurs diplômés de l’étranger ne cessent pas d’être ingénieurs en prenant l’avion et ont la possibilité, à terme, d’exercer leur métier dans un environnement riche et diversifié. En attendant, il ne faut négliger aucune et comme le dit le proverbe, rien ne sert de courir, il faut partir à point !

Références :